Si le Another Story d’aujourd’hui (2026) est assez fidèle à ma vision globale de 2016, il y a tout de même eu beaucoup d’idées qui ont été supprimées ou changées en cours de route.
Le but de cet article sera de garder une trace de ces idées qui n’ont pas été retenues pour la version finale.

Cependant, cela va très entrer dans le domaine des spoilers majeurs donc ne lisez ce qui suit QUE si vous avez déjà fini le jeu entièrement. Autrement, votre perception de certains personnages risque de prendre un sacré coup.

Satoshi, le love interest IRL

Durant Another Story, il se peut que vous ayez déjà vu ce prénom quelque part.
Mais avant d’être recyclé dans le jeu final, Kyoko a failli avoir un love interest à elle dans le monde réel : un humain qui aurait accepté sa face cachée de gameuse.

Et le jeu aurait alterné entre flashbacks de la vie réelle de Kyoko et sa relation naissante avec Satoshi et moments où Kyoko est coincée dans le jeu à se rendre compte qu’elle était amoureuse de son collègue tout du long.

Si cette histoire n’a jamais vu le jour par peur de créer un déséquilibre profond entre l’histoire de Doki Doki 5 et celle de Kyoko, elle m’a permis de réfléchir sur le concept de “True route” et comment faire en sorte que chaque love interest puisse rester pertinent même s’il reste fictif pour Kyoko.
À noter que toute la storyline de la route secrète est née de cette longue réflexion et j’ai pu commencer à disséminer les différentes pièces du puzzle au sein de toutes les routes..

Un Hiromi stalker ou un Hiromi dépressif ?

S’il y a une route qui n’a plus rien à voir avec son pitch original, c’est bien Hiromi.

Ce garçon a été créé parce que je voulais rappeler que les habits ne font pas le moine : derrière le côté solaire et mignon du personnage, je voulais raconter l’histoire d’un stalker légèrement yandere sur les bords.

Mais je n’étais pas convaincue de pouvoir écrire une histoire cohérente avec ces paramètres, ni capable de pouvoir aimer ce personnage qui aurait été beaucoup trop extrême à mon goût. (Même si j’ai conservé l’idée du yandere dans le jeu, c’est au final plus un easter egg qu’autre chose.)

Cependant, en voulant lui retirer son côté obsessionnel, j’ai fini par prendre la trajectoire opposée, j’ai failli rendre Hiromi dépressif au point où Hana aurait été involontairement sa seule attache à la vie… C’est très lourd, non ?
Effectivement, après avoir jaugé le ton global du jeu, cette idée aurait été beaucoup trop sombre le temps d’un scénario.

Encore une fois, de ces idées rejetées, cela m’a permis de trouver un meilleur équilibre pour Hiromi au sein d’Another Story. Le plus drôle dans cette histoire… ? C’est que j’ai fini par figer l’histoire de Hiromi qu’en 2025.
Avant ça, c’était mon petit yandere qu’il fallait que je rende mignon. Et bien, je peux vous dire que c’était extrêmement difficile de lui retirer cette image après autant d’années !

Haru d’une relation jouant avec le feu à un huis clos psychologique.

J’ai eu des casse-têtes divers et variés à résoudre durant la conception des scénarios et des personnages d’Another Story. Chaque personnage m’a créé des challenges à surmonter avant de pouvoir réellement coucher sur le papier leur histoire.

Haru de par son côté tabou offrait de belles opportunités dramatiques pour la narration.
Comment explorer le côté relation interdite ? Est-ce qu’ils ont une bonne relation à l’origine ? Et si Hana et Haru sont ensembles, comment vivent-ils leur idylle ? Est-ce qu’ils s’amuseraient à multiplier les signes d’affection tout en sachant que les amis de Hana sont à proximité ?

Tellement de situations clichées à exploiter avec Haru, mais au final, avec les années et les mœurs qui ne peuvent plus vraiment s’amuser de ce trope du “grand frère”, j’ai opté pour quelque chose de plus sérieux et où la relation de Haru et Hana se développerait dans leur bulle à eux.
J’ai dû retracer toute leur histoire personnelle, explorer la psychologie de Haru en long en large et en travers, avant de pouvoir proposer un scénario qui arrive à me satisfaire.
C’est aussi une des raisons qui m’a poussé à créer 2 branches bien distinctes et qui vont me permettre de jouer sur les deux tableaux sans culpabilité.

Kou et Sayuri, une énième dynamique de triangle amoureux.

Avant de m’arrêter sur le nom de Sumire, l’ex-copine de Kou devait s’appeler Sayuri et surtout son rôle aurait pu être bien différent.

L’idée que Kou soit sorti avec une doppelganger de Hana était présente depuis quasiment le début.

Cependant, si Sumire agit comme une entremetteuse bienveillante mais excentrique,.. Sayuri n’avait pas du tout cette vocation.
Elle était clairement une antagoniste qui était prête à se battre pour les affections de Kou.
Hélas pour Sayuri, d’un point de vue personnel, j’étais pas vraiment intéressée par le triangle amoureux réchauffé…

C’est ainsi que Sumire Yukino est née : un esprit libre mature qui contraste avec la douce et inexpérimentée Hana. Un personnage qui a sa propre agentivité et qui n’hésite pas à poursuivre ses rêves, loin d’être enchaîné à son partenaire.

J’espère que cet aperçu de ce qui aurait pu être Another Story ne vous rendra pas trop triste.
La leçon à retenir c’est qu’on peut toujours s’appuyer sur des échecs pour revenir plus forts. Pour ma part, je suis heureuse du chemin que le jeu a pris et j’espère que vous avez tout de même apprécié le voyage.